Le pouvoir
Bernois fut profitable aux habitants du village qui glanèrent de nombreux droits. La
commune et ses biens étaient régis par le Général de commune(législatif) et le Noble
Conseil(exécutif).
Chaque paroisse élisait un Consistoire, tribunal mi-laïque, mi-ecclésiastique, chargé
du maintien des bonnes moeurs, du respect de la religion, de dénoncer au Bailli 'Yverdon,
les ivrognes, cabaretiers débaucheurs et femmes de mauvaise vie. L'exécution des lois et
ordonnances, qui parfois légiféraient jusque dans le moindre détail, assignant les
places au temple aux personnalités locales, qui devaient s'annoncer préalablement en cas
d'absence et être au bénéfice d'une excuse valable.
On découvre encore sur les rives de la Jougnennaz, petite rivière qui se
jette dans l'Orbe en empruntant pour un moment le territoire français voisin, les
vestiges d'un haut fourneau. Implanté en bordure d'un cours d'eau avec à proximité une
abondante forêt servant à son alimentation en charbon de bois, il valorisait le minerai
de modestes mines situées près de L'Auberson. Transformé en fer et de la Jougnennaz
acheminé jusqu'à Vallorbe à dos d'ânes, il servait à la fabrication d'armes et d'outils
divers.
Un citoyen du village ayant eu vent de la rareté précieuse du venin de
vipère en imagina l'élevage et instaura une vipérie dans la seconde moitié du XIXe
siècle, fournissant en venin les laboratoires scientifiques de Baden, de Bâle et d'ailleurs.¨
En 1814 des soldats Autrichiens furent stationnés à Baulmes et dans la
région. Antoinette Deriaz ayant surpris un des ces soldats marauder des fruits dans son
verger, l'invita avec véhémence à rendre les poires volées. Le soldat, se moquait-il
de son interlocutrice ?Ou ne pratiquait-il pas le patois Baulméran ? Continuait en tout
cas de cueillir les fruits défendus, provoquant en cela l'ire de l'Antoinette qui lui
lança sa bêche, le blessant grièvement. Le commandant de la troupe prenant cet acte
pour de l'hostilité, menaça d'incendier le village en représailles. La population
était terrorisée. Heureusement, un citoyen du lieu pratiquant l'allemand, réussit à
faire croire aux soldats la femme folle et leur assurer son enfermement jusqu'à la fin du
séjour des troupes, réussissant ainsi à apaiser le conflit.
Les forêts, très giboyeuses à cette époque comptaient plusieurs hardes
de loups et de nombreux ours. Des chasses contre ces prédateurs étaient organisées
régulièrement. Les chasseurs, convoqués au son de la cloche, étaient rémunérés de 3
florins par la bourse communale, à chaque battue. Le dernier ours de la région fut
abattu le 30 novembre 1827 dans les rochers de la " cave à Barbarreau "
au-dessus du village après " un combat acharné ".
Dès la fin du 19éme siècle, la commune connut un développement
considérable, bénéficiant des premières retombées de l'ère industrielle naissante.
En 1895 la construction de l'usine des chaux et ciments qui cessa son activité en 1960.
La ligne de chemin de fer Yverdon-Sainte-Croix installée à la même époque et qui
utilise sur près de la moitié de son parcours, le territoire de la commune de Baulmes.
Fière de son illustre passé pétri d'histoire, la commune d'aujourd'hui
saura encore vous ravir par ses contrastes, en égrenant de la frontière que nous
partageons avec la France, ses volutes boisées, la roche grise et sévère des
"Aiguilles", sommet culminant à 1559 m. d'altitude, où la douceur ondoyante
des champs cultivés, déroulés comme des morceaux d'étoffe. Jusqu'au vignoble du
Bochet, à l'extrême sud du territoire, choyé par un viticulteur-encaveur et berceau d'une
vigne collective, qu'une centaine de passionnés cultivent, en même temps que leur
amitié et bonne humeur, pour leur plaisir et l'attachement qu'ils vouent à ce coin de
Pays.
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